Le grand gel de l'IA chinoise
Ce devait être une démonstration de force, un avant-goût du futur que Baidu et le Parti nous promettent. Ce mardi, à Wuhan, ce fut surtout une démonstration magistrale d'incompétence. Des dizaines de taxis-robots Apollo Go, la fierté du géant technologique chinois, ont simplement... cessé de fonctionner. Pas un petit bug, non. Un arrêt cardiaque collectif. Les véhicules se sont immobilisés au milieu des rues, sur les voies rapides, créant un chaos digne d'un film catastrophe low-cost. La police locale, visiblement dépassée, a confirmé avoir été submergée d'appels. Son diagnostic ? Une élégante "défaillance système". On vous la fait courte : leur IA a lâché, point.
Passagers pris en otage par le logiciel
L'aspect le plus sinistre de cette panne généralisée n'est pas l'embouteillage monstre, ni même l'accident confirmé sur l'autoroute. C'est le fait que des citoyens se sont retrouvés prisonniers à l'intérieur de boîtes de métal devenues soudainement stupides. Imaginez la scène : vous montez dans un taxi sans chauffeur, confiant dans la toute-puissance de l'algorithme, et soudain, plus rien. Les portes ? Verrouillées par le système défaillant. Le trajet ? Interrompu au milieu d'un carrefour. La durée ? "Certains pendant des heures", selon les témoignages. Baidu vend de l'autonomie, mais c'est de la séquestration involontaire qu'il a livrée.
L'argent du Parti et le mirage technologique
Derrière cette farce tragique se cache la course effrénée de la Chine vers la domination technologique, quel qu'en soit le coût humain. Baidu, avec le soutien béat de Pékin, a inondé Wuhan de ses robots roulants, faisant de la ville un laboratoire à ciel ouvert. Wuhan, ville martyre de la pandémie, devient aujourd'hui la ville cobaye de l'IA défaillante. L'incident de mardi n'est pas une anomalie, c'est un symptôme. Celui d'une industrie qui court trop vite, poussée par la propagande nationaliste et les subventions de l'État, au détriment de la sécurité la plus basique. On nous vend une révolution, on nous livre un bug à l'échelle d'une métropole.
Et après ? Rien. Strictement rien.
La communication de Baidu, comme celle des autorités, est un chef-d'œuvre de langue de bois technocratique. Pas de excuses aux passagers terrorisés. Pas de transparence sur la nature exacte de la "défaillance". Pas de remise en question du déploiement à grande échelle. Juste l'assurance creuse que l'enquête suit son cours et qu'aucun blessé n'est à déplorer. Par chance. Car le vrai message, lui, est limpide : votre sécurité est la variable d'ajustement de leur ambition géopolitique. La prochaine fois que vous monterez dans un Apollo Go, souvenez-vous de Wuhan. Et espérez que le serveur qui pilote votre vie ne plante pas avant votre destination.