Apple attaque OpenAI en justice. 12 pages de plainte, des accusations de vol de secrets et de mauvaise foi. Mais ne vous y trompez pas : derrière le jargon juridique se cache une entreprise qui panique à l'idée de se faire doubler sur son propre terrain. Quand le plus grand capitaliste de la planète sort les avocats, c'est rarement pour défendre la veuve et l'orphelin. C'est pour tuer dans l'œuf une menace qui lui échappe. Et accessoirement, pour faire un peu de relations publiques bien grasses.
Un procès à la sauce Apple
Apple a une longue tradition de procès-spectacles. Contre Samsung, contre Qualcomm, contre l'industrie musicale — à chaque fois, ils se présentent comme les chevaliers blancs de l'innovation, alors qu'ils ne font que protéger leur jardin privé et leurs marges à 40%. Là, le coup est encore plus grossier. Ils attaquent OpenAI au moment exact où l'entreprise est affaiblie par la fuite de ses fondateurs, les soupçons de détournement de fonds et la pression des investisseurs. Le timing est tellement parfait qu'il en devient risible. Vous ne trouvez pas ?
Les faits ? Une formalité
La plainte d'Apple accuse OpenAI d'avoir utilisé des données issues de Siri pour entraîner ses modèles. Sauf que, comme le soulignent une demi-douzaine d'avocats cités par The Verge, ces pratiques sont monnaie courante dans l'industrie. Apple elle-même a été prise la main dans le sac en 2019 pour avoir laissé des sous-traitants écouter des enregistrements d'utilisateurs sans consentement. Alors, soudain, la morale ? SVP. Apple veut juste créer une jurisprudence qui lui permettra de verrouiller l'accès à ses données tout en continuant à aspirer celles des autres.
Siri : le vilain petit canard
Au cœur de cette attaque, il y a une vérité que Cupertino refuse d'admettre : Siri est un échec cuisant. Lancée en 2011, l'assistant vocal a accumulé les retards, les bugs et les fonctionnalités en retard de cinq ans sur Alexa et Google Assistant. Alors que Apple déploie la bêta publique de son nouveau Siri « dopé à l'IA », la panique est palpable. Au lieu de rattraper le temps perdu, ils préfèrent trainer OpenAI en justice pour l'empêcher de respirer. C'est l'aveu d'impuissance d'une firme de 3 000 milliards de dollars qui ne sait plus innover.
Qui va y laisser des plumes ?
Le vrai but de ce procès n'est pas de gagner — Apple le gagnera peut-être, mais ce sera une victoire à la Pyrrhus. Le but est de semer le doute chez les clients et les partenaires d'OpenAI, de ralentir l'adoption de ChatGPT dans le monde pro, et de faire monter les enchères pour une future licence. Apple a déjà investi 4,5 milliards de dollars dans ses propres infrastructures IA (chiffres vérifiés par nos soins). Mais ça ne suffit pas. Alors ils utilisent le système juridique comme une arme anticoncurrentielle. Triste. Prévisible. Et surtout, pitoyable.
Pendant ce temps, Siri continue de répondre « je ne comprends pas » dès qu'on lui pose une question un peu complexe. Les betas arrivent, les bugs aussi. Apple préfère embaucher des avocats que des développeurs. Et nous, on regarde ce cirque en se demandant si le prochain iPhone aura enfin un assistant digne de ce nom. Ne retenez pas votre souffle.