Apple a enfin obtenu le feu vert de Pékin pour lancer son "Apple Intelligence" sur le marché chinois. Mais attention, pas question de vous laisser croire à une quelconque prouesse technique. La firme américaine, pourtant si fière de son écosystème fermé, a dû s'agenouiller devant deux géants locaux : Alibaba et Baidu. La nouvelle est tombée ce matin, confirmant des rumeurs qui couraient depuis l'année dernière. Mais ne cherchez pas ici une révolution : c'est juste un hold-up organisé par les trois mousquetaires de la censure.
Alibaba et Baidu : les dealers de données
Alibaba, avec son cloud et son commerce électronique, et Baidu, le Google chinois bardé de restrictions, deviennent les fournisseurs officiels de l'IA d'Apple. Concrètement, Siri sera nourrie aux données locales, filtrées et recrachées par les algorithmes de Pékin. Apple renonce à son fameux "privacy first" — ou plutôt, il le redéfinit : la vie privée, c'est pour les Américains. En Chine, on fait confiance à la censure. Le deal prévoit que les données des utilisateurs chinois transitent par les serveurs d'Alibaba, tandis que Baidu s'occupe des requêtes de recherche et de la traduction. Un partage du gâteau qui sent bon le chantage réglementaire.
Le prix à payer : 10 % de la valeur boursière
Depuis que la nouvelle a fuité, l'action Apple a grimpé de 3,2 % — un rebond bienvenu après des mois de dégringolade. Mais regardons les chiffres : Apple a perdu 12 % de sa valeur en 2024, principalement à cause du ralentissement des ventes en Chine. Ce partenariat n'est pas une innovation, c'est une bouée de sauvetage. Tim Cook a troqué l'indépendance contre l'accès à 1,4 milliard de consommateurs potentiels. Et devinez qui paie l'addition ? Les utilisateurs, qui verront leurs données monétisées par Alibaba et Baidu — les mêmes entreprises qui ont déjà été condamnées pour abus de position dominante.
La censure en prime
Apple a longtemps joué la carte de la neutralité politique. Mais en Chine, pas de compromis possible : l'IA doit être "saine et conforme aux valeurs socialistes". Concrètement, les requêtes sur les événements du Tiananmen, le Ouïghouristan ou les dissidents seront automatiquement bloquées. Baidu, déjà expert en auto-censure, sera le garant de cette orthopédie numérique. Apple Intelligence en Chine, c'est un Siri muselé qui vous répondra "Je ne peux pas vous aider avec ça" plus souvent qu'un bureaucrate de la place Tiananmen.
Qui se goinfre ?
Dans ce grand marché de dupes, tout le monde y trouve son compte : Apple sauve les meubles, Alibaba et Baidu gagnent un nouveau canal de monétisation, et le Parti communiste chinois renforce son contrôle sur l'IA. Les gagnants ? Les actionnaires, les régulateurs chinois, et les trois entreprises. Les perdants ? Les utilisateurs chinois, qui n'auront jamais eu l'occasion de goûter à une vraie intelligence artificielle — mais aussi les utilisateurs du reste du monde, qui voient une multinationale américaine devenir l'agent de la censure chinoise.
Susanoo News vous le dit : cette "approbation" n'est pas une victoire, c'est une capitulation. Apple a abandonné ses principes pour un marché. Alors la prochaine fois que Tim Cook vous parlera de leadership en IA, rappelez-lui qu'il a préféré se faire dicter ses algorithmes par Xi Jinping.