On savait que Apple avait du mal à lancer son IA en Chine. La Grande Muraille numérique n'aime pas qu'on vienne faire de l'esprit sans permission. Alors pour sauver les meubles, Tim Cook a dû tendre la main à son pire ennemi : Alibaba. Résultat ? Apple Intelligence sera finalement autorisée en Chine, mais greffée au cerveau de Qwen, le petit frère chinois d'OpenAI.
Le mariage de la carpe et du dragon
L'accord, qui ruminait depuis 2024, vient d'être béni par les autorités chinoises. Faut dire qu'Apple avait le couteau sous la gorge. Ses ventes en Chine chutent de 11% sur le dernier trimestre (données Canalys), et le géant de Cupertino n'avait toujours pas de réponse crédible face à Huawei ou Baidu. Alors il a sorti le carnet de chèques pour épouser Alibaba, un partenaire qui n'a pas exactement une réputation de philanthropiste du numérique.
Une "intelligence" sous surveillance
Concrètement, Apple Intelligence en Chine, c'est du Qwen déguisé en Siri. Toutes les données transiteront par les serveurs d'Alibaba, donc directement sous l'œil du Parti. Apple promet le même niveau de privacy, mais en Chine, c'est comme promettre un steak à un vegan : ça n'a aucun sens. Les utilisateurs chinois auront droit à une IA qui sait répondre aux questions, à condition qu'elles ne soient pas un peu trop politiques. Bref, une intelligence muselée, stérile et totalement dépendante.
Qui se goinfre dans l'histoire ?
Alibaba, évidemment. La firme de Hangzhou récupère un accès privilégié aux utilisateurs Apple – soit environ 100 millions d'iPhone en Chine. De quoi doper son cloud et son IA à peu de frais. Pendant ce temps, Apple fait mine de contrôler la relation, mais c'est comme un chien qui tient la laisse : c'est le maître qui décide. Et le maître, ici, c'est Pékin. Apple n'est plus un innovateur, c'est un intégrateur obligé, un assembleur de technologies locales pour ne pas disparaître du marché.
Les vrais gagnants ? Les régulateurs chinois
Ils ont réussi le tour de force de faire plier la firme la plus puissante du monde, sans même un communiqué. En imposant Alibaba comme seul fournisseur d'IA, ils contrôlent la couche intelligence des iPhones vendus en Chine. Un joli coup de billard à trois bandes : affaiblir Apple, renforcer un champion national (Alibaba), et verrouiller la surveillance. Pendant ce temps, les utilisateurs Apple en Chine continueront de payer le prix fort pour un téléphone qui fait de moins en moins de choses sans permission.
Verdict
Apple Intelligence en Chine, c'est un peu comme un dragster avec un moteur de tondeuse : ça roule, mais c'est bruyant et ça ne va nulle part. Les actionnaires peuvent applaudir – l'accord évite une exclusion pure et simple du marché. Mais les utilisateurs eux, auront juste une IA qui sait dire "bonjour" en mandarin et rien d'autre. Susanoo News laisse tomber le pop-corn : ce mariage n'a rien d'un happy end, c'est juste un divorce retardé.