La "souveraineté" Claude 3, sponsorisée par Google Cloud
Anthropic, la startup qui vendait du rêve éthique et de l'indépendance face aux géants, vient de signer un nouveau pacte faustien. Leur dernière levée de fonds ? Non, une simple extension de leur contrat de calcul avec Google et le fabricant de puces Broadcom. Traduction : ils sont plus dépendants que jamais de l'infrastructure du même géant qu'ils prétendaient défier. Leur chiffre d'affaires annualisé atteindrait 30 milliards de dollars, selon les fuites. Une somme vertigineuse qui sent surtout l'odeur du carburant brûlé dans les data centers de Google.
30 milliards de rêve, zéro centime de marge
Anthropic se vante d'un run-rate revenue à 30 milliards. Un chiffre qui fait saliver les analystes mais qui devrait surtout les faire rire. Car dans le monde merveilleux des modèles fondateurs, les revenus sont directement indexés sur les coûts de calcul. Plus tu vends d'accès à ton API, plus tu dois payer Google pour ses TPUs et ses GPU. C'est le business model parfait… pour les fournisseurs de cloud. Anthropic devient le meilleur commercial de Google Cloud, tout en se présentant comme une alternative. Le cynisme est admirable.
Broadcom dans l'ombre, la facture dans la lumière
La présence de Broadcom dans le deal n'est pas un détail. C'est l'aveu que la course aux puces spécialisées (les fameux TPUs et autres ASICs) est le vrai champ de bataille. Google contrôle le silicium via ses partenariats, Broadcom le fabrique, et Anthropic… Anthropic paie la note. Chaque requête à Claude 3 est un petit virement vers Mountain View. L'« indépendance technologique » promise aux premiers investisseurs a pris le premier avion pour Taïwan, où sont gravées les puces dont ils dépendent.
Qui gagne vraiment à ce poker menteur ?
Faisons le calcul simple. Google verrouille un client captif à milliards, tout en étendant l'empire de son cloud face à AWS et Azure. Broadcom empoche les commandes juteuses de semi-conducteurs. Les investisseurs d'Anthropic voient une valorisation gonflée à l'hélium des promesses. Mais la startup ? Elle échange sa liberté contre de la puissance de calcul. Elle troque son récit fondateur « éthique et indépendant » contre la capacité de scaler. La prochaine fois qu'ils parleront d'alignement des IA avec l'humanité, souvenez-vous qu'ils sont alignés avec les résultats trimestriels de Google.
Le piège de la scale à tout prix
Anthropic est désormais pris dans la logique infernale de la Silicon Valley : il faut grossir pour justifier sa valuation, donc il faut plus de calcul, donc on s'endette encore plus auprès de ses fournisseurs. C'est un cercle vicieux habillé en succès. Les 30 milliards de run-rate ne sont pas un signe de profitabilité, mais d'une dépendance systémique. Ils ont vendu leur âme pour de la puissance brute. Maintenant, ils appartiennent à la machine.