Anthropic, ce prétentieux cabinet d'oracles de la Silicon Valley, vient de découvrir qu'une mesure de sécurité bien placée peut faire plus que sauver des vies : elle peut aussi sauver des parts de marché. En ajoutant un nouveau verrou logiciel à ses modèles Fable 5 et Mythos 5, la start-up d'IA a obtenu ce qu'elle voulait depuis des mois : la levée des restrictions gouvernementales imposées par l'administration Trump. Une opération de léchage de bottes déguisée en avancée technique, digne d'un manuel de survie en dictature douce.
Le marché de dupes de Fable 5 et Mythos 5
Rappel des faits : en mars dernier, le Bureau de la Sécurité Technologique (BST) avait bloqué la commercialisation de ces deux modèles de langage, officiellement pour risques de manipulation électorale et de création de deepfakes politiques. Une décision qui avait coûté 300 millions de dollars de contrats publics potentiels à Anthropic. Mais depuis que Dario Amodei et sa bande ont annoncé, le 12 octobre, un nouveau protocole de « réflexion contrainte » — en réalité un filtre de censure paramétrable par l'utilisateur — le BST a soudainement déverrouillé les modèles. Coïncidence ? Bien sûr que non, mon lapin.
Une sécurité qui sent le soufre politique
Le fameux verrou, baptisé « Projection Guardian », permet en théorie de limiter les sorties de l'IA sur certains sujets sensibles (élections, vaccins, immigration). Sauf qu'Anthropic a négligé de préciser un détail croustillant : ce filtre est configurable par l'administration cliente. Ainsi, si Trump demande à Mythos 5 de générer des discours antivax ou des attaques contre les juges, l'IA ne bronchera pas. La « sécurité » est devenue un levier de compliance politique. Les régulateurs, eux, applaudissent : ils y voient une main tendue de la part d'une industrie habituellement libertaire.
Qui se goinfre, qui se fait rouler
Le gouvernement Trump engrange des modèles dociles, Anthropic encaisse les chèques (le contrat BST rétabli pèse 250 millions sur trois ans). Les perdants ? Les citoyens, qui héritent d'outils taillés pour la propagande, et les concurrents plus éthiques, qui n'ont pas les moyens de jouer ce jeu de dupes. Pendant ce temps, Anthropic continue de se présenter comme le champion de l'IA responsable dans ses communiqués. La couleuvre est grosse, mais le public a soif de solutions magiques.
Alors, félicitations à Anthropic pour cette leçon de servilité réglementaire. Ils ont prouvé qu'avec un peu de flan et un verrou logiciel, on peut transformer n'importe quelle IA en toutou présidentiel. Le prochain coup ? Peut-être un patch qui obéit au doigt et à l'œil de l'exécutif, directement livré dans le code source. Mais chut, il ne faut pas froisser le client.