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Anthropic, le nouveau jouet des fonds qui se battent pour les miettes avant que Musk ne fasse table rase

Le marché secondaire des startups IA est en ébullition, un signe qui ne trompe pas : les gros poissons cherchent à sortir avant que la bulle n'éclate. Anthropic est la coqueluche des fonds en manque de chair fraîche, tandis qu'OpenAI perd son lustre. Mais tout le monde guette le vrai séisme : le jour où SpaceX ira en Bourse et siphonnera tout l'oxygène – et tout le capital – de la pièce.

PAR SUSANOO NEWSSOURCE : TECHCRUNCH AI
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La ruée vers l'or… des parts privées

Glen Anderson, président de Rainmaker Securities, le dit sans ambages : le marché secondaire n'a jamais été aussi actif. Traduction pour les non-initiés : les investisseurs institutionnels et les fonds de capital-investissement se bousculent pour acheter et vendre des bouts de papier qui représentent des parts dans des entreprises toujours privées. C'est le marché de l'occasion pour milliardaires, où l'on se refile des promesses de futur à prix d'or. L'activité frénétique n'est pas le signe d'une santé rayonnante, mais d'une liquidation anticipée. Certains veulent entrer à tout prix, d'autres veulent sortir avant que la musique ne s'arrête. Et en ce moment, tout le monde veut une part du gâteau qui sent le brûlé : l'IA.

Anthropic, l'ersatz qui fait rêver les fonds en manque d'OpenAI

La star incontestée de ce cirque secondaire ? Anthropic. L'entreprise, présentée comme le « rival éthique » d'OpenAI, est devenue l'objet de toutes les convoitises. Pourquoi ? Parce qu'OpenAI, avec sa gouvernance schizophrène et ses promesses de superintelligence, commence à sérieusement fatiguer les investisseurs. Trop de drame, trop d'incertitude. Anthropic est donc le plan B parfait : une histoire similaire (des ex d'OpenAI), une rhétorique rassurante (la sécurité avant tout), et surtout, des parts potentiellement accessibles. C'est le produit de remplacement sur lequel se rabattent tous ceux qui ont raté le premier wagon ou qui n'ont plus confiance dans le conducteur. Une frénésie qui dit plus sur le désespoir des fonds que sur les mérites réels de l'entreprise.

OpenAI : la chute de la maison Usher

Pendant ce temps, l'original perd de son éclat. OpenAI, autrefois l'unique joyau, voit son aura se ternir sur le marché secondaire. Les investisseurs ont la mémoire longue : les coups d'éclat du conseil d'administration, les démissions fracassantes, le partenariat bancal avec Microsoft. La « gouvernance au bord de la crise de nerfs » finit par avoir un coût. Quand on achète du privé, on achète aussi une équipe dirigeante. Et celle d'OpenAI ressemble de plus en plus à un tribunal révolutionnaire. Résultat : son premium s'érode. Les smart money commence à chercher des parades, ou à prendre ses gains.

Le spectre SpaceX : l'IPO qui va tout nettoyer

Mais dans l'ombre de cette agitation puérile plane un géant qui pourrait réduire tout ce petit monde à l'état de figurants : SpaceX. Son introduction en Bourse, quand elle aura lieu, ne sera pas un simple événement. Ce sera un trou noir financier. Imaginez : la première entreprise véritablement interplanétaire, avec des contrats NASA, Starlink qui devient un mastodonte des télécoms, et l'aura mythique d'Elon Musk. Le jour où SpaceX ouvre son capital au public, chaque fonds, chaque family office, chaque institution va vouloir y mettre ne serait-ce que 1% de son portefeuille. Ce sont des centaines de milliards de dollars qui vont être redirigés, aspirés hors des autres actifs. Adieu la surenchère sur les parts d'Anthropic à 50 fois les revenus. Qui voudra d'un chatbot « constitutionnel » quand on peut acheter un ticket pour Mars ? L'IPO de SpaceX ne « remodelera » pas le paysage. Elle le rase.

Conclusion : dansez pendant que le vaisseau-mère se prépare

Alors oui, le marché secondaire danse. Anthropic est la reine du bal. OpenAI trébuche sur sa propre robe. Mais ce ne sont que les dernières vibrations avant le big bang. Toute cette activité est le signe d'un écosystème en fin de cycle, qui se cherche un exutoire et un dernier coup d'éclat avant l'arrivée du seul vrai monstre liquide. Les traders de Rainmaker Securities ont raison d'être occupés. Ils devraient aussi être terrifiés. Ils sont en train de réarranger les chaises longues sur le pont inférieur du Titanic, tandis que le bruit des moteurs du Starship, en orbite, commence à se faire entendre.

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