La grande messe de l'IA generative s'offre un nouveau chapitre aussi prévisible qu'un marronnier en automne. Anthropic, la startup chérie des fils à papa de la Silicon Valley, a officiellement déposé son dossier d'introduction en bourse auprès de la SEC. Mais attention, pas de tambour ni de trompette : le dépôt est confidentiel, comme un secret de Polichinelle gardé par des actionnaires qui comptent leurs actions en milliards.
La valorisation qui fait pâlir les vrais comptables
Après sa dernière levée de fonds, Anthropic se pavane avec une valorisation post-money de 965 milliards de dollars. Devant OpenAI et ses 852 milliards. Des chiffres qui donneraient le vertige à n'importe quel économiste sérieux, mais qui font surtout saliver les banquiers d'affaires. Rappelons qu'Anthropic n'a toujours pas prouvé qu'elle savait générer un profit autre que des levées de fonds records. Mais qui a besoin de bénéfices quand on peut vendre du rêve à des fonds souverains ?
La course à l'IPO : une compétition de coqs de basse-cour
La presse adore opposer Anthropic et OpenAI dans une course digne des 300mètres haies du mensonge. OpenAl a déjà bouclé sa dernière levée à 6,6 milliards en octobre 2024, mais Anthropic lui a volé la vedette avec un tour de table de 3,7 milliards en mars dernier. Ironie du sort : les deux entreprises utilisent le même jargon creux sur la sécurité de l'IA pour justifier des doses massives de capital-risque. Pendant ce temps, les régulateurs américains ressemblent à des gardiens de musée face à une invasion de singes en costume.
La confidentialité : un aveu de faiblesse ou une stratégie de com ?
Anthropic argue d'un dépôt confidentiel pour ne pas fuiter ses plans. Traduction : ils ne veulent pas que leurs concurrents (comprendre OpenAl) voient à quel point leurs états financiers sont truffés de jolies lignes mais de cash brûlé. Le communiqué officiel sent le « nous sommes différents, nous sommes sérieux, nous sauvons l'humanité ». Sauf que l'humanité n'a pas vraiment besoin d'être sauvée par des boîtes dont le modèle économique repose sur du vent et des tokens.
Qui va se goinfrer ?
Les investisseurs historiques (la bande à Dario Amodei, ex-OpenAI) vont pouvoir enfin revendre leurs parts à des pigeons en Bourse. Goldman Sachs, Morgan Stanley et les autres prestidigitateurs de Wall Street se frottent déjà les mains. Pendant ce temps, les vrais utilisateurs subiront des hausses de prix pour un service qui accumule les bugs et les hallucinations. Mais ne vous inquiétez pas : le futur de l'IA est entre de bonnes mains... celles des banquiers.