Les communicants d'Anthropic doivent déjà sabrer le champagne : selon une étude de la fintech Ramp, 34,4% des entreprises clientes de Ramp paient pour des services Anthropic, contre 32,3% pour OpenAI. Un micro-basculement de 2,1 points qui, dans le monde des communiqués, suffit à faire la une. Mais avant de crier victoire, grattons le vernis.
Des données à prendre avec des pincettes
Ramp est une société de gestion de dépenses, pas un institut de sondage. Ses données ? Les transactions par carte de crédit de ses propres clients, majoritairement des startups tech et scale-ups. Ce n'est pas exactement un échantillon représentatif du tissu économique mondial. On est plus proche d'un baromètre de la bulle startup que d'un reflet réel du marché. Que le taux d'Anthropic dépasse celui d'OpenAI de 2% n'est pas un choc, c'est un bruit statistique.
Le chiffre d'affaires, lui, ne ment pas
OpenAI continue d'encaisser des centaines de millions de dollars de revenus récurrents, avec des contrats XXL chez des banques, des assureurs, des gouvernements. Anthropic, lui, vit encore largement sur les subventions et les levées. Avoir plus de « clients » ne signifie pas avoir plus de valeur économique. C'est la différence entre un food-truck qui vend 100 sandwichs et un restaurant gastronomique qui sert 30 couverts. La comparaison est grotesque.
Et ensuite ? La guerre des pauvres
Pendant que ces deux poids lourds s'écharpent sur des fractions de pourcentage, Google (Gemini) et Meta (Llama) les écrasent en parts de marché silencieuses, via l'intégration dans leurs écosystèmes. Mais ça, Ramp ne le mesure pas. Les vrais gagnants sont les régulateurs qui, en attendant, ne font rien. Chapeau bas, messieurs les labos : vous nous avez fait un joli marketing circus.