Amazon vient de dégainer sa nouvelle arme de distraction massive : Alexa Plus, l'assistant vocal dopé à l'IA générative, peut désormais pondre des podcasts sur "à peu près n'importe quel sujet". Vous donnez un thème, et deux hôtes générés par IA vous causent du Romain, de la World Cup ou des missions Apollo. Sauf que le seul vrai sujet, c'est la machine à cash d'Amazon qui cherche par tous les moyens à justifier son abonnement à 19,99 dollars par mois. Et le résultat sent le réchauffé à plein nez.
Le syndrome du bruit de fond
Amazon vante des exemples de podcasts où des hôtes IA discutent de l'histoire de l'Empire romain ou des nouveaux albums. Mais est-ce que quelqu'un a vraiment demandé à écouter deux chatbots se faire des politesses numériques ? Le problème n'est pas technique : oui, la synthèse vocale est bluffante. Le problème, c'est l'absence totale de point de vue. Ces podcasts ne sont que du contenu filler, du bourrage de bande passante, calibré pour que vous restiez collé à votre écosystème Amazon sans même avoir à ouvrir Spotify. Sauf que contrairement à un vrai podcast, ici il n'y a ni humour, ni controverse, ni couilles. C'est du journal télévisé nord-coréen, mais en version smart speaker.
Un produit pour qui exactement ?
Cherchez l'audience cible. Les geeks ? Ils écoutent déjà des podcasts humains, avec des opinions tranchées. Les mémés ? Elles veulent la météo, pas un débat sur le déclin de l'empire byzantin. Les cadres dynamiques ? Ils n'ont pas le temps d'écouter un podcast généré qui dure 20 minutes sur un sujet qu'ils n'ont pas choisi. Non, ce produit est fait pour Amazon lui-même. Pour accumuler des heures d'écoute, pour entraîner ses modèles, pour vendre à des annonceurs un "engagement utilisateur" qui n'existe que dans les métriques. Pendant ce temps, les vrais créateurs de podcasts — ceux qui grattent, qui enquêtent, qui se marrent — continuent de se faire spolier par des algorithmes qui pompent leurs données sans vergogne.
La machine à cash qui parle toute seule
Ne nous y trompons pas : derrière ce lancement, c'est la guerre des assistants vocaux qui continue. Google Assistant, Siri, Alexa — tous cherchent à vous garder dans leur jardin clos. Mais là, Amazon franchit un cap dans l'absurde : il vous propose d'écouter une conversation entre deux IA. C'est comme si vous allumiez la télé pour regarder deux écrans de veille se parler. Et le pire, c'est que ça coûte de l'argent : l'abonnement Alexa Plus est facturé 19,99 $/mois (ou inclus dans Prime, mais Prime coûte aussi). Pour ce prix, vous avez droit à un podcast que personne ne produit, que personne n'anime, et que personne n'écoutera vraiment. Mais Amazon s'en fout : tant que les serveurs tournent, les métriques gonflent.
Alors oui, techniquement, c'est impressionnant. Mais c'est aussi profondément inutile. Comme un grille-pain qui chante du Mozart. Amazon veut nous faire croire que la prochaine frontière du divertissement, c'est l'IA qui se parle à elle-même. À ce rythme, le vrai podcast du futur sera celui où des humains commentent les podcasts générés par IA. Vous pouvez déjà deviner la suite : un abonnement pour écouter des humains réagir aux IA. Et Bezos qui se frotte les mains.