Les banques et assurances vous vendent du rêve avec leur « data readiness » pour l'IA agentique. Sauf que derrière le blabla marketing, c'est le règne du bricolage réglementaire et des données pourries. Susanoo News a mis son nez dans leurs tuyaux.
La régulation : un monument d'hypocrisie
On cause « agentic AI » comme si c'était un jeu d'enfant. Mais dans la finance, chaque action est surveillée par une armée de juristes qui n'ont jamais touché une API. Résultat : les banques dépensent des millions en consultants pour « aligner leur gouvernance des données » – comprenez : rendre leurs silots un peu moins moches pour passer l'audit de la BCE. Pendant ce temps, les régulateurs (ACPR, BaFin, FCA) font de la com' sur leur « approche proportionnée » tout en laissant les géants du cloud (AWS, Azure, GCP) empocher les marges.
Des données qui sentent le moisi
Vous voulez des agents autonomes capables de trader, d'analyser des risques ou de gérer des sinistres ? Il faudrait d'abord que les données soient propres, fraîches et accessibles. Or, dans la réalité, les bases clients des assureurs datent des années 90, les systèmes core banking tournent sur Cobol et les équipes Data se battent avec des fichiers Excel envoyés par mail. Alors oui, on parle de « data mesh », de « data fabric », de « feature store » – mais 60% des projets IA en finance échouent parce que les données sont inutilisables. Cherchez l'arnaque.
Agentic AI : le nouveau cache-sexe
L'agentic AI, c'est la promesse que des agents logiciels prennent des décisions autonomes en temps réel. Sauf que dans un secteur où un virement bancaire met 2 jours à passer et où la conformité anti-blanchiment bloque tout mouvement suspect (avec faux positifs à 90%), l'autonomie, c'est un fantasme. Les banques préfèrent surinvestir dans des chatbots qui font semblant de comprendre les clients, plutôt que de nettoyer leurs données maîtres. Et pendant ce temps, les fournisseurs de solutions (Dataiku, Databricks, Snowflake) se frottent les mains en vendant des plateformes « prêtes pour l'agentique » – des usines à gaz qui coûtent 7 chiffres par an.
Qui se goinfre, qui se fait rouler ?
Les grands gagnants : les cabines de conseil (McKinsey, Accenture, Deloitte) qui vous facturent des roadmaps « data-driven » à 2 millions d'euros pièce. Les perdants : les contribuables et assurés, qui paient pour des systèmes moins fiables qu'un tableur. Les régulateurs ? Ils font des rapports de 300 pages que personne ne lit, pendant que les banques pratiquent le greenwashing (« notre IA est transparente, promis »). Le pire ? Les data scientists pris entre leurs outils buzzwords et la réalité du terrain – ils finissent par faire du reporting Excel pour justifier leur salaire.
Alors, data readiness pour l'agentic AI ? Belle histoire pour les slides de presentation. Dans les faits, le secteur financier est aussi prêt qu'un canoë pour une tempête. Mais continuez à vendre du rêve, les gars. Le marketing, ça paie bien.