Ils ont mis des années à comprendre qu'internet, c'était pas une mode passagère. Aujourd'hui, la Banque d'Angleterre découvre avec la même candeur que l'IA agentive – ces programmes qui prennent des décisions sans papa humain derrière – risque de mettre le feu à la City. Pathétique, mais prévisible.
Sarah Breeden, la Cassandre de la City
Le 27 mars 2025, devant un parterre de technocrates à la BCE, la sous-gouverneure Sarah Breeden a lâché la bombe : les règles actuelles n'ont pas été conçues pour des IA capables d'agir sans instruction humaine directe. Traduction : on a laissé les gamins jouer avec les manettes, et on se demande pourquoi le manège part en vrille. Breeden a spécifiquement cité les paiements, le trading, la cybersécurité et les opérations – soit le cœur même de la finance moderne. Rien que ça. Et elle promet un 'examen' des règles existantes. Comme si un examen allait rattraper des années de laisser-faire.
Des règles taillées pour le Minitel
Le problème, c'est que les réglementations financières actuelles – MiFID II, PSD2, Bâle III – ont été bâties pour des humains en costume-cravate, pas pour des algorithmes qui clonent des stratégies en nanosecondes. La banque centrale admet elle-même que ses cadres ne couvrent pas l'agentic AI. Autrement dit, les banques déploient déjà des agents de trading autonomes, des robots de traitement de paiements sans superviseur, et des IA de détection d'intrusion qui décident seules de bloquer des transactions, le tout dans un vide juridique béant. La Banque d'Angleterre n'a pas de solutions, elle a juste… un groupe de travail. On frôle le sketch.
Qui se goinfre dans ce flou ?
Pendant que les régulateurs pianotent sur leurs PowerPoint, les fintechs et les banques d'investissement – JPMorgan, Goldman Sachs, Revolut – continuent d'empiler des agents IA dans leurs pipelines, sans cadre clair de responsabilité. En cas de crash boursier provoqué par un agent mal entraîné, qui va payer ? Le trader qui a appuyé sur 'déployer' ? Le développeur ? L'algorithme lui-même ? La question est aussi vieille que l'IA, mais la réponse reste : 'on verra'. Et 'on verra' coûte cher, surtout aux contribuables et aux épargnants qui trinquent quand le système déraille.
Une révision qui sent le cache-sexe
La Banque d'Angleterre promet une consultation publique 'dans les mois à venir'. Pendant ce temps, les agents IA continuent de trader, de transférer de l'argent, de verrouiller des accès. Le timing est grotesque : cela fait cinq ans que des chercheurs tirent la sonnette d'alarme sur les risques systémiques de l'IA autonome dans la finance. Mais les régulateurs britanniques, trop occupés à séduire les startups avec un 'environnement favorable à l'innovation', ont préféré fermer les yeux. Résultat : on se retrouve avec un aveu d'impuissance en grande pompe, et zéro mesure concrète.
Quand la machine décide, personne n'est responsable
Le vrai scandale n'est pas que l'IA agentive existe – c'est qu'on laisse les banques l'utiliser sans filet. Sarah Breeden elle-même a reconnu que les régulateurs doivent 'comprendre comment ces systèmes prennent des décisions' – comprenez : on a acheté des boîtes noires sans mode d'emploi. La Banque d'Angleterre promet de réviser ses règles. D'ici là, les agents IA continueront de faire ce qu'ils veulent, et si ça pète, ce sera la faute à personne. Comme d'habitude.